3 jours de bikepacking du Verdon au Var

Magnifique itinéraire qui traverse les Alpes de Haute Provence, le Verdon et le Var. Une mini-aventure réalisée en TER depuis Marseille, sur mon super gravel Cannondale Topstone 3 acheté reconditionné chez Mint Bikes, mes chouchous. La région Sud est magique pour le vélo, surtout au printemps. Les distances et dénivelés sont bien sûr ajustables en roulant plus ou moins longtemps chaque jour.


JOUR 1 : de La Brillanne-Oraison à Blieux

Distance : 86km 

Dénivelé positif : 1000m

Itinéraire : TER à Marseille Saint Charles à 7h41 → Gare La Brillanne gare → café à Oraison ①  → vallée de l'Asse ② → Trévans → déjeuner à Mézel ③ → pause à Senez ④ → Blieux ⑤ 

Une journée 100% montée toute douce, 1000 m de dénivelé à peine ressentis dans les jambes !

① Avant de décoller, un café et la grille de mots-fléchés de la Provence. Un groupe de vieux hommes me pose des questions sur les piles de mon vélo (eh non, pas de ça chez moi !). Le père d'un d'eux "chassait à Blieux", ma destination. Puis j’ai le droit à des sous-entendus un peu douteux sur le fait que s’ils avaient eu 40 ans de moins, ils m’auraient accompagnée (je n’ose pas leur que j’aurais sans doute refusé, puisque j’ai choisi de partir rouler seule).

② Remontée de la vallée de l'Asse très tranquille, verte et belle. Un chevreuil s’enfuit à travers blés sur mon passage. À Estoublon, je fais un détour pour aller voir l’entrée des gorges du Trévans où je suis allée marcher il y a quelques années l’été. C’était magnifique ! Je recommande d’ailleurs le gîte du Trévans, une cabane non gardée très chouette.

③ Stop déjeuner à Mézel avec un sirop d'orgeat au Bistrot de l’Avenue, où un couple en vélo de route me questionne sur mon voyage et mes sacoches. Est-ce que ça marcherait sur nos vélos ? Notre tige de selle n’est pas ronde, sans doute pas. Le voyage à vélo intrigue. 

④ Je repars sur la route Napoléon qui longe l’Asse et la ligne de chemin de fer du train des Pignes. Pause à Senez, joli village avec une cathédrale — j’ai été prévenue par les petits vieux de Oraison — mais elle est en travaux malheureusement. Le restaurant L'Azimut a l'air chouette, devant le terrain de pétanque entouré de vert et de collines.

⑤ J’entre dans le Parc Naturel du Verdon : dernière montée qui pique un peu avec vue sur le Mont Chiran en fond. Puis j’arrive enfin à Blieux, village très mignon avec seulement 90 habitants à l’année, dont une vingtaine de jeunes récemment installés. 

Deux d’entre eux viennent de reprendre le gîte La Chambrette en avril. J’y partage la terrasse avec un groupe de 10 randonneurs de tous âges. Nous sommes les deuxièmes clients du gîte !

Dans le village de Blieux, l’association locale a créé un lieu café-bar super chouette avec une incroyable terrasse surplombant la vallée et les montagnes, LE CABAS, qui est ouvert vendredi soir et dimanche matin seulement. Ils ont aussi un espace épicerie en libre-service ouvert 24/24 et 7/7 basé sur la confiance. 

Un village qui vaut le détour !


JOUR 2 : de Blieux à Trigance

Distance : 81 km

Dénivelé : 1400 m 

Itinéraire : Blieux → ① → col des Lèques → Castellane ② → col de Luens ③ → La Martre → Brenon → ④ → Le Bouguet → dernier col → Castellane ⑤ → Trigance 

Clue de Taulanne à vélo en bikepacking en Région Sud autour du Verdon

① Descente qui serpente au soleil jusqu’à la Route Napoléon. Puis enchaîne une magnifique montée dans les gorges, la Clue de Taulanne, au petit matin et presque sans voiture. Une route à couper le souffle, qui grimpe mais sans douleur jusqu’aux Col des Lèques.

② Pause café à Castellane sur la plage du village, mercredi est d’ailleurs le jour du marché. J’ai la chance de tomber sur les horaires d’ouverture de la boulangerie bio levain L’Aléatoire, super lieu et super produits, où je me ravitaille en pompe à l'huile aux pépites de chocolat.

③ Re-grimpette vers le Col de Luens et il fait déjà chaud en cette fin avril ! Quand ça bifurque vers La Martre, on quitte la route Napoléon pour une toute petite route agréable et sans trafic. Montées et descentes successives.

④ Pique-nique au bord du Jabron avant d'attaquer la dernière grosse montée, puis une belle descente dans les gorges jusqu’à Castellane — agrippée aux freins sur une petite route à double sens qui tournicote sans visibilité.

⑤ Un petit sirop à Castellane et quelques courses à l'épicerie Mon Échoppe Bio plus tard pour le dîner, j’entame les vingt derniers kilomètres face au vent, qui nous freine même les descentes. La boulangerie de Soleils a l'air bien chouette mais elle est fermée le mercredi. 

Bikepacking micro aventure en région sud dans le Verdon

Arrivée à Trigance, au gîte de la Fontaine Basse. Simple, plutôt rustique et presque auto-géré, entouré de champs. La montée au village à pied vaut le coup, le village est adorable. Malheureusement, le mercredi n’est pas le bon jour : le snack Bar le Piccolo, la super boulangerie et l’épicerie Au Chardon Bleu sont tous les trois fermés !

Au gîte, je passe la soirée avec Colette et Françoise, deux femmes de 82 et 87 ans qui randonnent avec leur guide adorée Cathy, depuis quelques jours dans la région. Un moment de douceur. Le contraste avec les vieux hommes un peu lourds de la veille à Oraison est saisissant ! Une belle rencontre, très simple et émouvante. 


JOUR 3 : de Trigance aux Arcs-Draguignan

Distance : 78km 

Dénivelé positif : 980m

Itinéraire : Trigance → Bargème → Roque Esclapon → Bargemon → La Motte → Les Arcs → gare Arcs-Draguignan

① Quand je me lève, mes mamies sont déjà parties. Après un petit déjeuner au soleil au gîte, je me remets en selle direction Bargème. Au programme, 20 kilomètres de plat montant et une belle montée finale jusqu'au village de Bargème. Un des plus beaux villages de France, entièrement vide et silencieux en cette matinée d’avril.

② J’hésite à continuer vers les Pré-Alpes d’Azur, région pour laquelle j’ai eu un coup de coeur il y a deux ans, puis Grasse et Cannes. Ou de redescendre vers Bargemon directement. Le ciel se couvre, il doit pleuvoir en début d’après-midi : je prends la version courte. En plus, ma chaîne qui s’emmêle et se bloque dans le dérailleur me fait perdre ½ heure. Quelqu’un s’arrête pour m’aider à la débloquer, un peu interloqué de me voir voyager seule — décidément, une femme à vélo intrigue toujours en 2026.

③ Je repars sur la route qui traverse l’immense camp militaire de Canjuers, avec des panneaux "tirs permanents, danger de mort" tous les 30 mètres. Ambiance. Le plateau est magnifique, même si le vent souffle fort de face. Quand je passe le col du bel homme, je sens que je quitte les montagnes.

④ Bargemon : pied à terre pour une pause à la boulangerie et un café au bord de la fontaine. Vraiment, ce village est adorable ! Mon grand-père y a vécu dans les années 90, je réalise que je ne sais plus comment il avait atterri là depuis la Normandie. En tous cas, il avait bien choisi.

⑤ La descente continue, traverse Callas puis des villages qui se suivent jusqu’aux Arcs. Ça y est, la campagne, c’est terminé. En plus d’une gare TER, les Arcs est un joli village médiéval que je découvre à pied. Un dernier rafraîchissement au soleil, puis on embarque dans le train bondé direction Marseille. Retour à la vie normale. Comme toujours, trois jours passent en un clin d’oeil mais semblent aussi une éternité suspendue.

Alpes de Haute Provence, Verdon et Var : je reviendrai !

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